25 novembre 2007
appel à la mobilisation du SNESup pour cette semaine
Message
exceptionnel aux adhérents du SNESUP
Cher(e) camarade,
Depuis plusieurs
semaines la contestation de la loi LRU et aussi du budget 2008
de l'enseignement
supérieur et de la recherche s'amplifie et rend visible pour
nos concitoyens des
enjeux cruciaux. Les mobilisations ne sont pas seulement
étudiantes, les
adhérents du SNESUP savent tout ce que nous avons entrepris
contre cette loi
depuis mai dernier! La participation des universitaires aux
manifestations et
grèves, leur présence dans les AG a franchi un palier mardi
dernier 20 novembre dans le cadre des puissantes
grèves de la fonction
publique. Nous ne
pouvons en rester là, d'une part parce que les formes
d'action des
étudiants (blocages,...) les épuisent et font apparaître dans
l'opinion de faux
débats, et parce qu'il faut absolument faire échec à une
vision du supérieur
qui se réduit au ministère, à la CPU, aux étudiants! Nous
avons des
responsabilités et une place centrales qu'il faut faire entendre
Les actions décidées
par la
Commission Administrative Nationale du SNESUP, en synergie avec les
appels des coordinations étudiantes,
pour mardi 27 doivent absolument constituer
un nouveau palier. Il faut dans les
établissements réussir les AG, les
grèves(*), partout où c'est possible, et les
manifestations dans les villes
universitaires.
De plus, nous
appelons tous ceux qui le peuvent universitaires parisiens et
proches de Paris à
former derrière des banderoles lisibles et nos drapeaux
colorés, un conséquent
cortège dans la manifestation parisienne de mardi après
midi. C'est
indispensable, c'est la clef de la suite du mouvement et de la
bataille contre la LRU , pour obtenir son
abrogation.
Cette suite dépend
pour beaucoup du succès des manifestations de mardi et de
la présence des
personnels enseignants et BIATOSS dans les cortèges.
La CAN SNESUP réunie jeudi 29 prendra certainement des
initiatives qui seront
d’autant plus
significatives que le gouvernement (qui porte la responsabilité
de cette crise) sera
mis en difficulté. Sont en perspective de
2) organiser des «
Etats généraux du supérieur et de la recherche»
dans un
cadre où le
gouvernement s'engagerait à suivre ses avis par l'élaboration
concertée d'une
loi-programme,
3) obtenir, dans ce
processus, un moratoire sur la LRU,
une augmentation nette
du budget pour les
universités, les personnels, les étudiants, et la
programmation
pluriannuelle de recrutements.
Ce dépassement de la
crise actuelle, pour défendre, pour transformer le service
public d’enseignement
supérieur est un enjeu décisif.
Nous comptons sur ton engagement personnel. Bien fraternellement Jean Fabbri
Secrétaire général du
SNESUP
(*) l’appel à la
grève et aux manifestations du 27 contre la LRU et le budget
SNEP, UNATOS (FSU),
A&I, SNPTES (UNSA), SUD éducation. Les collectifs SLR en de
nombreuses régions
appellent aux manifestations
En pièce attachée :
un tract « tout public » court et offensif à diffuser et
reproduire sans
modération ! (cliquer ici : A5_Snesup_2)
21 novembre 2007
appel de l'ENS
l'appel émanant d'enseignants-chercheurs de l'ENS : Tribune_ENS.pdf
tRRRRRRRRRès instructif : lettre de cadrage de Paris-Dauphine
Ci joint la lettre de cadrage du quadriennal de Paris IX-Dauphine, très, très instructive !
Lette_d_orientation_CQParis_9.pdf
Pour ceux qui n'aurait pas envie de la lire in extenso, ci dessous quelques extraits avec très peu de commentaires.
/- Dans le même temps, la transformation du paysage universitaire
s’accélère.
La conjoncture universitaire est celle d’un profond bouleversement des
règles
du jeu, en conséquence de la « mondialisation » dans notre secteur. Nous
sommes partis sans billet de retour vers un système concurrentiel à
financement mixte public/privé. Le LMD a été la traduction pédagogique de
cette tendance. L’autonomie de gestion, selon la loi d’août 2007, est
devenue
l’expression politique de l’adaptation des universités françaises à la
nouvelle
donne.
/Pour ceux qui en douteraient, la LRU n'est pas un accident de parcours.
J'en profite pour inister sur ce point vis à vis de ceux qui pensent que
l'on peut déconnecter la LRU du LMD. Et si j'ai bien apprécié le texte
paru dans Le Monde en provenance d'enseignants de Paris 8, il faut bien
reconnaitre que sa faiblesse est de faire l'impasse sur cette logique
d'ensemble comme si la critique du présidentialisme suffisait à
constituer la critique essentielle de la LRU. Mais je sais aussi ce que
sont les contraintes "éditoriales" pour être publié.
De même, vous aurez remarqué que l'autonomie dont il est questioon est
bien l'autonomie de gestion. Quid de l'autonomie scientifique et
pédagogique...
/
Deuxio, la professionnalisation des cursus est un acquis, nos liens
avec les entreprises sont forts et profitent de notre localisation au
coeur des
quartiers d’affaires. Tertio, notre notoriété est un levier pour
convaincre les
partenaires de miser sur nous, à condition de ne pas nous reposer sur nos
lauriers.
/Essayez quelques instants de transposer les arguments pour Paris VIII
dans le 9-3 et l'on comprend tout de suite que les armes ne sont pas
égales...
/
Moyens matériels aussi : l’Etat a promis un effort ; la Fondation
donnera à Dauphine
des ressources indispensables à moyen et long terme ; mais rien ne pourra
remplacer la contribution des étudiants eux-mêmes
/Les Universités ont besoin de moyens que la réforme n'accorde pas. La
fondation, c'est pour obtenir les finacements d'entreprise. Pour les
étudiants, il ne reste que la hausse des droits d'inscription.
/
Notre université a le potentiel pour jouer la course en tête, elle est
en phase
avec les évolutions de son environnement. L’adaptation à un monde nouveau
exige de prendre quelques risques. C’est dans une telle période que notre
fidélité à l’audace des fondateurs de Paris-Dauphine sera mise à l’épreuve
/Venant d'un président que j'ai bien connu quand nous étions tous les
deux il ya quelques longues années au secrétariat enseignant de la Ligue
communiste révolutionnaire, l'annonce de cette fidélité est absolument
abracadradantesque !!
/
- Des structures de recherche renforcées et simplifiées autour de grands
centres disciplinaires ayant statut d’UMR ou postulant à le devenir : le
rapprochement en sciences sociales IRISES-Cerso et la création de DRE en
Economie sont des pas significatifs en ce sens.
- Les centres ont vocation à dépasser leurs composantes pour faire
apparaître
en leur sein des équipes thématiques. De ce point de vue, l’organisation
proposée par DRE est exemplaire et a vocation à être suivie. La lisibilité
internationale de nos chercheurs s’accommode mal du morcellement. La
gestion autonome des ressources par les CR existants sera préservée. Ce
sont les grands centres et non leurs composantes qui doivent être
privilégiés
/Du point de vue de la recherche, la politique de regroupement est
énoncée clairement, les composantes de ces regroupements ne devant pas
être privilégiées !!/
Le CS est aussi invité à envisager les
conséquences des nouvelles modalités de recrutement inscrites dans la loi du
10 août 2007, afin de préserver une expression des disciplines dans le
processus de sélection.
/Les disciplines en sont réduits à une simple expression. A vos rangs,
fixes !/
L’augmentation des droits d’inscription nous amènera à demander
l’habilitationde DU assortis de l’équivalence avec le grade
correspondant au diplôme
national : le grade de Licence pour le niveau L3, le grade de Master pour le
niveau M2 (rappelons que les M de Recherche ne sont pas
concernés). Transitoirement, les cohortes engagées dans des diplômes dits
nationaux continueront d’en bénéficier. Relevons au passage que la seule
différence entre un diplôme et un grade sera les droits, et que le « grade »
vaudra plus cher que le « diplôme »...
/Mérite une petire explication de texte : La demande d'équivalence ici
évoquée pour le DU concerne le grade et non pas le diplôme national. Le
postulat est bien que le DU Paris Dauphine, ayant obtenu l'équivalence
en terme de grade, aura plus de valeur que le diplôme national à partir
duquel on a construit le grade !! On en arrive à penser que les pauvres
universités comme la nôtre seront les dernières à délivrer un diplôme
qui n'aura plus de national que le nom puisque abandonné par les
universités ayant les moyens de l'autonomie et qui vendront leur DU. On
est en plein dans l'application du LMD avec la dissociation grade et
diplôme.
/
L’université Paris-Dauphine est une université à vocation bac+5 et le
niveau L
n’est pas pour elle « stratégique ». Mais Dauphine est une université
publique
et entend jouer le jeu de la réforme du système universitaire.
/Donc elle veut bien conserver une licence avec vocation de sortie à la Licence mais en sous-traitant cette vocation à :
/L’IUL (iInstitut Universitaire de Licence) Léonard De Vinci /(la fac
privée du 92 longtemps appelé fac Pasqua) s/erait piloté en partenariat
étroit avec les grands
groupes implantés à la Défense, sur l’axe des métiers de Banque-Finance9
Assurance-Audit, dans lesquels UPD a déjà acquis un positionnement fort.
Cet IUL pourrait s’appuyer sur la formule de l’apprentissage.
/
Bon courage !!!
François Castaing
collectif d'enseignants Lille 3 contre LRU
Un collectif d'enseignants de l'Université Lille 3 prend position sur
la LRU
Nous, enseignants-chercheurs sociologues et anthropologues de
l'Université Lille 3 :
- déclarons partager un certain nombre des inquiétudes des étudiants en
lutte sur les conséquences de la loi dite LRU pour l'Université française.
- affirmons que tout projet visant à réformer l'Université doit reposer
au préalable sur une réflexion en profondeur sur les conditions et les
finalités de la production et de la transmission des savoirs et des
compétences.
- demandons à ce que le projet de réforme de l'enseignement supérieur
fasse l'objet d'une réelle discussion avec l'ensemble des parties
concernées, étudiants, enseignants-chercheurs et personnels administratifs.
Michaël Bailleul, doctorant,
Marie Balas, ATER,
Maryse Bresson, MCF,
Vincent Caradec, PR,
Coline Cardi, doctorante, chargée de cours,
Marion Carrel, MCF,
Aline Chamahian, doctorante, allocataire-monitrice,
Paula Cossart, MCF,
Marie-Noëlle Decharne,
Isabelle Dumont, doctorante, chargée de cours,
Milena Doytcheva, MCF,
Armelle Giglio-Jacquemot, MCF,
Colette Lamarche, MCF,
Laurence Le Douarin, MCF,
Claire Lefrançois, doctorante, allocataire-monitrice,
Marie Loison-Leruste, ATER,
Frédéric Louchart, chargé de cours,
Danilo Martucceli, PR,
Pamela Miceli, doctorante, chargée de cours,
Ségolène Petite, MCF,
Vanessa Pinto, ATER,
Lorena Poblete, ATER,
Stéphanie Pryen, MCF,
Gwenola Ricordeau, ATER,
Vanessa Stettinger, MCF,
Michel Tondellier, enseignant contractuel,
Cécile Van de Velde, MCF,
Jean-François Véran, MCF,
Dominique Vidal, MCF,
Jean-Michel Wachsberger, Prag.
19 novembre 2007
Personnels de l’Université du Mirail (Toulouse II) en grève contre la LRU
On nous
dit que le mouvement contre la LRU
est le fait d’ « étudiants minoritaires » : c’est faux
!
Nous, enseignants,
chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels de
bibliothèques, ingénieurs,
administratifs, techniciens, ouvriers de
l’université de Toulouse-Le
Mirail, sommes en grève reconductible depuis le 13
novembre pour exiger
l’abrogation de la loi dite LRU (Loi relative aux «
Libertés et Responsabilités
des Universités »). Les trois conseils de
l’université du Mirail
s’étaient déjà prononcés contre cette loi. La voix de la CPU
(Conférence des Présidents d’Université) n’est pas
celle de la « communauté
universitaire ». Celle-ci
s’exprime aujourd’hui dans des assemblées générales
(AG) d’étudiants et de
personnels.
On nous dit que la LRU renforce les « libertés »
des universités : c’est faux !
- La LRU concentre les pouvoirs
entre les mains du président
« Le président de
l’université est élu à la majorité absolue des membres élus du
conseil d’administration
parmi les enseignants-chercheurs, chercheurs,
professeurs ou maîtres de
conférences, associés ou invités, ou tous autres
personnels assimilés »
(art.6) : il est donc possible que le président ne soit
pas issu de l’université.
Le conseil d'administration
est fortement réduit, au détriment de la
représentation des
personnels et des étudiants. (art.7). Les modes d’élection
et de prise de décision
organisent le pouvoir exclusif d’une majorité
présidentielle (art.5, 6,
11). Le conseil scientifique et le conseil des études
et de la vie universitaire
n’ont plus qu’un rôle consultatif (art. 8 et 9).
Le président dispose d’un
droit de veto sur tous les recrutements. Pour le
recrutement des enseignants
et enseignants-chercheurs, les Commissions de
Spécialistes élues sont
remplacées par des « Comités de sélection » dont les
membres sont « proposés par
le président et nommés par le conseil
d’administration... » (art.
25).
- La LRU institue la précarisation
et la soumission des personnels
Le président peut désormais
recruter, pour une durée déterminée ou indéterminée,
des agents contractuels
pour des fonctions techniques, administratives ou
d'enseignement (art. 19). «
Le conseil d’administration définit […] les
principes généraux de
répartition des obligations de service des personnels
enseignants et de recherche
entre les activités d’enseignement, de recherche et
les autres missions qui
peuvent être confiées à ces personnels » (art.19). En
outre, «La LRU vise à permettre à
l’université d’individualiser les
rémunérations pour
récompenser le mérite et l’implication de ses personnels. »
Le Cahier des charges recommande
« de concentrer les primes des personnels
enseignants et de recherche
sur un nombre raisonnable de bénéficiaires pour en
élever le montant moyen et
leur conférer ainsi un caractère incitatif ; de
moduler les primes en
fonction de la manière de servir. » (CF, p.11)
- La LRU érige l' « efficience »
économique en principe de « gouvernance » de
l’Université
La Loi Organique relative aux Lois de Finances (LOLF) ayant déjà
créé les
conditions de la disparition
du service public dans la forme que nous lui
connaissions depuis 1945.
Ainsi, l’Inspection Générale des Finances mentionne
comme « préalables » à la
mise en œuvre de la LRU
: « veiller à ce que la paye
soit assurée sans heurts et
se doter de capacités de pilotage de la masse
salariale et des emplois ».
(CF, p.8).
On nous dit que le risque
de privatisation de l’université est une «contre-vérité » :
c’est faux !
Avec la LRU, toutes les universités
vont avoir à trouver elles-mêmes une part
majeure de leurs ressources
financières. La loi promeut le mécénat (art.28, 30)
prévoit que les universités
peuvent prendre des participations, participer à des
regroupements, créer des
filiales, qu’elles peuvent créer des fondations
(ouvrant droit à
défiscalisation), qu’elles peuvent récupérer la pleine
propriété des biens
mobiliers et immobiliers qui leur sont affectés, et en
transmettre éventuellement
les droits à un tiers (donc, vendre une partie de
leurs bâtiments ou de leurs
fonds documentaires pour équilibrer leurs budgets).
Non seulement
l’indépendance des universités (et des formations) vis-à-vis des
donateurs n’est pas
garantie, mais la survie financière de certaines
universités n’est pas
davantage garantie, dans la mesure où elles seront moins
alléchantes pour les
intérêts privés.
Chaque université devient
concurrente des autres sur le marché des formations.
Chaque président sera
contraint de gérer une entreprise de production de
formations en ayant les
yeux rivés sur l’évolution du marché de la formation.
Il pourra, de fait,
supprimer des filières : « La création, la suppression ou
le regroupement de
composantes sont inscrits dans le contrat pluriannuel
d’établissement » (art.
14).
On nous dit que ceux qui,
comme nous, réclament l’abrogation de la loi LRU sont des
« irresponsables » : au
contraire !
C’est au démantèlement de
l’université que nous nous opposons, en défendant les
principes fondamentaux du
système universitaire :
- Une administration
collégiale (et non pas entrepreneuriale) de l’université.
- Un enseignement donnant
une solide base généraliste à tous les étudiants, pour
former des citoyens
critiques (et pas seulement des salariés dociles ou adaptés
à un seul type d’emploi).
- L’égalité de traitement
de tous les étudiants sur l’ensemble du territoire (et
non l’institutionnalisation
d’un système universitaire à plusieurs vitesses qui
renforcerait les inégalités
sociales au lieu de lutter contre elles).
Certes, la LRU s’inscrit dans une
tendance amorcée depuis plusieurs années
(processus dit de Bologne :
« s’adapter en permanence à l’évolution des besoins
», « rechercher une
meilleure compétitivité du système européen d’enseignement
supérieur », LMD et ECTS).
Mais sa mise en œuvre produirait des changements
difficilement réversibles,
qu’il est urgent d’empêcher !
En refusant la LRU, nous refusons aussi, avec
tant d’autres (salariés
fonctionnaires et non
fonctionnaires, cheminots, avocats, étudiants, lycéens,
sans-papiers, expulsés, mal
logés et pas logés du tout…) un monde exclusivement
soumis à la logique de la
marchandise et du profit, aux mensonges des politiques
et de médias aux ordres.
18 novembre 2007
appel de la coordination étudiante de Tours
Lire l'appel : Appel_de_la_coordination_de_Tours
réaction d'un collègue de P7 sur l'appel et sur la réhabilitaiton des maquettes de diplômes
Chers
collègues,
Je souscris pleinement à
vote remarquable texte, qui présente une analyse de la situation actuelle à la
fois précise, lucide et mobilisatrice.
Je me permets de vous
envoyer en dossier attaché des textes
que j'ai élaborés
localement (Paris Diderot- Paris 7), dans le contexte du
processus dit
"campagne d'habilitation des diplômes 2009-2012" (vague C), ainsi
que la réaction de certains
collègues de mon université.
En effet, les demandes qui
nous sont faites en direction d'un
L1 pluridisciplinaire
(selon moi, il faut comprendre "non-disciplinaire")
et de la pré-pro tous
azimuts, demandes qui se présentent sous le sceau du "bon
sens", qui ont l'air
d'être d'ordre strictement pédagogique et motivées par
les meilleures intentions,
sont en fait parfaitement cohérentes avec la LRU , qui vise à en finir avec l'autonomie (relative)
des composantes et à
laminer en particulier ces
secteurs peu dociles que sont les UFR et départements
de Lettres, de Langue et de
Sciences humaines. Les changements
d'orientation qu'on exige
de nous à l'occasion de ce qui est qualifié de LMD2
(alors que le LMD n'a même
pas été évalué et que nous avons été lourdement mis à
contribution il y a peu de
temps pour mettre en place cette
réforme) constituent des
attaques concertées et systématiques sur les
Licences disciplinaires
générales du secteur LLSHS, cursus que nos autorités de
tutelle aimeraient voir
disparaître au profit de formations calquées sur les
Licences pro (avec stage et
employabilité immédiate, entendue au sens le plus
étroit du terme)
Bref, je crois que nous
sommes sur la même longueur d'ondes,
aussi je vais m'employer à
faire circuler votre texte aussi largement que
possible.
Si j'avais simplement un
élément, non pas à rajouter car il
est présent dans votre
analyse, mais peut-être à développer, ce serait la
question de la
"singularité française", à savoir le système "à 2
vitesses",
classe prépas et grandes
écoles d'un côté, universités de l'autre. L'existence
de ce système, unique à ma
connaissance dans l'ensemble des pays développés
comparables à la France, explique bien des
choses qui restent souvent dans
le non-dit. Toute société
ayant besoin d'un système de reproduction de ses
élites pour occuper les
meilleures places, qui sont en nombre limité, les classe
prépas et les grandes
écoles assument cette fonction, et d'ailleurs elles le
font fort bien (on peut
considérer que la France
produit des élites bien formées
et de qualité). Du coup,
l'université, qui n'accueille pas les meilleurs lycéens
en 1er cycle dans les
disciplines littéraires et scientifiques (le secteur
Médecine et le Droit
représentent des cas différents), se trouve d'emblée
lourdement pénalisée. Nous recevons
certes de bons étudiants, motivés et
disposant déjà de certains
acquis, mais nous avons aussi à accueillir les
publics les moins favorisés
en capital scolaire et économique, les deux allant
de pair évidemment. Un
étudiant de prépa, sélectionné, issu le plus souvent de
milieux relativement aisés,
dont la famille a une bonne connaissance des
stratégies scolaires
payantes, peut consacrer tout son temps aux études et il
reçoit d'ailleurs plus
d'heures de cours qu'un étudiant de l'université.
L'étudiant de 1er cycle à
l'université doit souvent travailler à temps partiel
pour financer ses études,
son milieu social d'origine est en moyenne moins
favorisé économiquement et
culturellement, les familles ne sont pas
toujours au fait des
subtilités du système d'enseignement français. Dans ces
conditions, les élites qui
nous gouvernent et dont les enfants fréquentent
rarement le 1er cycle à
l'université (eux-mêmes ne l'ont guère fait), ont
beau jeu de stigmatiser
l'université et ses 40% d'échec en 1er cycle. C'est
culpabilisant et hypocrite.
Culpabilisant car il s'agit de nous faire accepter
des réformes qui
abaisseront les exigences des formations et permettront de
produire des jeunes gens
employables à bon prix, à des postes de second ordre.
C'est hypocrite car les
dirigeants ne veulent surtout pas d'un succès massif de
l'université, que les
étudiants "réussissent vraiment" serait
contre-productif car ils se
trouveraient en situation de faire concurrence aux
enfants des classes
dominantes pour les meilleures places, celles des
futurs dirigeants dans les
sphères économiques, politiques et médiatiques
(la culture ne représente
pas vraiment un enjeu significatif de ce point de
vue).
Encore bravo pour votre
intitiative en tout cas,
Bien solidairement à vous,
Régis SALADO
MCF Littératures comparées
Responsable de la Licence mention Lettres UFR LAC (Lettres, Arts,
Cinéma)
Contribution_LAC___la_r_flexion_sur_les_Licences_LLSHS.doc
Echanges_divers___propos_des_dossiers_de_Licence.doc
Lettre_aux_responsables_des_Licences_du_secteur_Lettres.doc
13 novembre 2007
appel grèves solidaires
Lire l'appel "Grèves solidaires. " : Gr_ves_solidaires.doc
12 novembre 2007
un texte des enseignants-chercheurs de Rouen
Les
enseignants-chercheurs de LSH et la loi LRU
la Faculté
Le lundi 12 novembre, une cinquantaine d'enseignants syndiqués et non syndiqués
de
Télécharger le texte : Enseignants_Rouen.doc
